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   Je suis Espagnol. Mais le français est ma langue d’écriture. Et puisque j’écris en français, je suis donc aussi écrivain français, bien que je continue à écrire en espagnol, parfois même des notes de travail de livres en français… J’assume complètement cette schizophrénie  (J. Semprun).

   Je sais que je n’écrirai jamais le français comme l’écrivent les écrivains français de naissance, mais je l’écrirai comme je le peux, du mieux que je le peux. Cette langue, je ne l’ai pas choisie. Elle m’a été imposée par le sort, par le hasard, par les circonstances. Écrire en français, j’y suis obligée. C’est un défi. Le défi d’une analphabète (A. Kristof).

   J’ai adoré recréer cette langue dans laquelle elle parlait. Je l’appelle le «fragnol». Cela répondait aussi à un désir politique de poser la question suivante: les mots immigrés sont-ils une menace pour la belle langue française? Question à la fois politique et littéraire. Eh bien non. Les mots immigrés, étrangers, revisitent le français et même s’ils l’estropient ou le malmènent, ils y font naître des sens nouveaux. Ils poétisent la langue française.  (...) Ma mère nous parlait ce «fragnol» étrange, dont j’avais honte quand j’étais enfant. Mes sœurs et moi, on avait l’impression que ma mère était une étrangère, bref, enfants, on était racistes (L. Salvayre).

   J’ai pris la décision d’effacer au plus vite toute trace d’accent de ma prononciation française: personne ne me traitera plus jamais d’Espagnol de l’armée en déroute, rien qu’à m’entendre. Pour préserver mon identité d’étranger, pour faire de celle-ci une vertu intérieure, secrète, fondatrice et confondante, je vais me fondre dans l’anonymat d’une prononciation correcte  (J.Semprun).

BIBLIOGRAPHIES 

E. Cavicchi, Quelle voix/voie pour raconter des expériences-limite? Quelques réflexions autour de Jorge Semprún, Elie Wiesel, Michel del Castillo et Agota Kristof
http://www.publifarum.farum.it/ezine_articles.php?publifarum=83ed5b...

R. Yotoval, Le français - Une langue ennemie?
L’entre-deux-langues dans l’expérience de l’écriture d’Agota Kristof
http://www.apef.org.pt/downloads/acta_2006/RY122006.pdf

Langues mixtes: Le fragnol - L. Salvayre
http://flecampus.over-blog.com/article-langues-mixtes-le-fragnol-12...

L. Salvayre: «Je ne suis pas toute une, je suis inséparablement Française et Espagnole», Le Temps - Livres

C. Molina Romero, Écrivains entre deux langues: un regard sur la langue de l’autre http://www.culturadelotro.us.es/actasehfi/pdf/3molinar.pdf

C. Molina Romero, Ecrivains afrancesados au XXème siècle - Google book
A. Gasquet, M. Suárez, Ecrivains multilingues et écritures métisses, Google book  

Entre deux langues - Emission L'Atelier intérieur - France Culture

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-interieur-numero-3-e...

Démystifier le bilinguisme - Emission Tire ta langue - France Culture

http://www.franceculture.fr/emission-tire-ta-langue-demystifier-le-...

Entre deux langues - Emission Repliques - France Culture

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-entre-deux-langues-2...

Voix FLE - Archives sonores

http://flecampus.ning.com/profiles/blogs/voix-fle

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Commentaire de Aisha le 1 mai 2015 à 19:51

Albert Cohen: "Je trouve tout naturel d'avoir plusieurs patries dans le coeur"
France Culture  -  La nuit rêvée
http://www.franceculture.fr/emission-la-nuit-revee-de-albert-cohen-...

Ecoutez l'émission Ecoutez

"Je n'étais pas devant un patriotisme miliant, à conquêtes militaires et roulement de tambours", dit-il, mais plutôt devant un "civisme intense, sobre et chargé d'amour". Ce qui le conduira à une "naturalisation de coeur" avant de demander la naturalisation de papier.

Albert Cohen termine cet entretien par une ode au poly-patriotisme. "Je trouve tout naturel d'avoir plusieurs patries dans le coeur", dit-il en égrenant ses trois patries: Israël, la Suisse et la France.

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Literatura y cultura del exilio español de 1939 en Francia / Alicia Alted Vigil y Manuel Aznar Soler (eds.)  http://www.cervantesvirtual.com/obra-visor/literatura-y-cultura-del...

Les cultures de l'exil espagnol en France, 1939-1975: de la sauvega...

Novelistas españoles en Francia y sus obras en francés sobre la gue...

Max Aub y Francia: sorda, ciega y muda

La identidad en el exilio: Semprún y Montherlant

Culturas del exilio

De la memoria a la historia: oralidad y escritura

Francia: tierra de asilo

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Zoé Valdés  http://www.cafebabel.es/articulo/zoe-valdes-basta-de-posturas-polit...

Soy cubana, con nacionalidad española y francesa desde hace algunos meses. Si me siento Europea, es sobre todo porque en el mestizaje cubano coexiste una herencia española y francesa muy importante. Además, vivo en Francia y me gusta la cultura de ese país. Me gusta su literatura, su pensamiento, el rigor que impone la lengua francesa. El exilio es a veces una fuente de inspiración, pero sigue siendo un castigo y no un regalo del cielo. Sobre todo cuando se trata de un exilio forzado.

Commentaire de Sylvie le 1 mai 2015 à 19:36

Emission  France Culture - Les Héritiers de la guerre d'Espagne

http://www.franceculture.fr/emission-l-heure-du-documentaire-les-he...

Ecoutez l'émission

Un documentaire d’Elise Andrieu et Rafik Zenine

 Nous nous rendons à Toulouse, où une grande partie de ces exilés ont reconstruit leur vie.
 Trois familles s’interrogent sur leur désir de demander la nationalité espagnole.
 Dans la famille Jimenez, le petit-fils Thomas vient de sortir un album où il reprend les chansons révolutionnaires de son grand-père, et autour de lui se cristallisent les contradictions des membres de la famille. Les petits-enfants de la famille Castro interrogent leurs grands-parents sur la guerre. Et chez les Marcos, le père et la fille se répondent sur une transmission interrompue.
 Tous se sentent en partie français, en partie espagnols. 
  

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  Fils d'émigrés espagnols, les premières années de ma vie ont naturellement flotté dans un brassage bilingue, nourri des discussions entre mes parents et leurs amis exilés, les chansons de Joselito, Luis Mariano, Gloria Lasso ou Sarita Montiel, les opérettes de Francis Lopez au cinéma, les facéties de Quevedo ou Quantiflas...Bien entendu, la cuisine fortement imprégnée d'huile d'olive parlait aussi ibérique: le cocido morzilla-chorizo, l'inévitable bacalao, le poulpe façon gallega, les mantecaos à digestion lente et les rousquilles délicieusement anisées. Question culture toutefois, le flamenco  ne prit une place de choix dans mes passions hispaniques que bien plus tard, à l'âge adulte. Mon père, réfugié politique de 39, loin de l'image stéréotypée de l'hidalgo maigre et élancé, cheveux noirs et teint halé, était trapu, une peau laiteuse et des yeux gris vert, un caractère trempé dans le marbre issu de ses montagnes austères de Galicia, que lui rappelait jusqu'à la tristesse, le cri suraigu et plaintif de la cornemuse (la gaïta). A contre-courant de la mode, Il ne goûtait guère les vociférations andalouses d'Allegria ou lamento hachées par le martellement des taconeos « cette danse sauvage, disait-il sans discernement, qui donne de mon pays une image de misère ».  Ma mère, en France depuis sa très jeune enfance, ne gardait de l'Espagne que quelques bribes des chants de la jota, fredonnés par ses parents, que la faim  avait poussés hors de leur campagne aragonaise natale vers les terres viticoles héraultaises, plus hospitalières.

Source:  Le balcón du dimanche http://www.radiocielbleu.fr/beziers_c_chez_nous_/un_regard_dans_le_...

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