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Insécurité linguistique: Notion et contextes

Pistes et bibliographies sur l'insécurité linguistique: Apprentissage du FLE et Sociolinguistique.

Dervin, F., Badrinathan, V., (2011) L’enseignant non natif : identités et légitimité dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères, collection "Proximités-didactique", Éditions Modulaires Européennes  Google Book  https://books.google.es/books?id=LL9ZCgAAQBAJ&printsec=frontcov...

Galazzi, E.(2010) Imaginaire [méta]linguistique et langue objet: le cas du FLE, Écho des études romanes, Vol. VI / Num. 1-2.  http://www.eer.cz/files/05-Galazzi-E9.pdf

Iddou-Allam, S. (2012) L'insécurité linguistique en FLE: attitudes et impact des représentations linguistiques sur les pratiques langagières des apprenants de la 3ème  année secondaire.  Edilivre

Merlo J.-O.(2011) Vers une didactique du FLE « Français international » en Italie : quelques réflexions à partir du cas québécois. In SILTA, Studi Italiani di Linguistica Teorica e Applicata, Pacini editore, Pisa, vol.1.

http://www3.unisi.it/gofolwww/joomla/iscrizione/materiali/16253/VAR...

Rémy-Thomas, F.(2008) Les enseignants face à la diversité linguistique : vers uneconception alterlinguistique de l'enseignement ? Les Cahiers de l'Acedle, nº 3. 
http://acedle.org/IMG/pdf/Thomas_Cah3.pdf

Roussi, M. (2009) L'insécurité linguistique des professeurs de langues étrangères non natifs: le cas des professeurs grecs de français, Thèse, Université La Sorbonne Nouvelle, Paris 3 http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/78/73/05/PDF/2009PA030082.pdf

Insécurité linguistique: Comment enseigner une langue lorsque l’on n’est pas un locuteur natif ? Entretien avec Maria Roussi  http://www.lecafedufle.fr/2013/05/insecurite-linguistique-comment-e...

Benkara-Mostefa, M.L.(2008) Acquisition de la compétence de communication orale en classe de français langue étrangère, Mémoire, École Doctorale de Français, Univ. Mentouri-Costantine http://bu.umc.edu.dz/theses/francais/BEN955.pdf

 SOCIOLINGUISTIQUE - Ressources

Boulot, T.,  Sécurité / insécurité linguistique et la notion de faute
http://www.sociolinguistique.fr/cours-4-4.html

Boutet, J., Langage et société, Paris, Seuil, 1997. 

Calvet, L.-J. et Moreau, M.L. (éds), Une ou des normes? Insécurité linguistique et normes endogènes en Afrique francophone, CIRELFA / Agence de la Francophonie, Didier Erudition, 1998,

Publication - Web L.-J. Calvet http://louis-jean.calvet.pagesperso-orange.fr/accueil.htm

Dossou, C., Langue française et insécurité linguistique au Benin http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?page=imprimer-article&id_a...


Moreau, M.L. (éd.), Sociolinguistique : les concepts de base ; Hayen/Sprimont : P. Mardaga, 1997

Mendo Ze, G. (2009) Insécurité linguistique et appropriation du français en contexte plurilingue, L'Harmattan,  Google Book

Nabila, B. L’insécurité linguistique et son influence sur l’apprentissage et l’arquisition du Français en Algérie
http://193.194.69.98/fac/fll1/images/pdf_revue/pdf_revue_06/bedjaou...

Ostiguy L., Tousignant C., (2008) Les prononciations du français québécois. Normes et usages. Guérin universitaire, Montréal.

L'insécurité linguistique: une introducion /présentation pps.
http://creoles.free.fr/Cours/diaporamas/insecurite.pps

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Commentaire de Zoé Brustel le 25 janvier 2017 à 18:05

Discrimination par le langage : une violence méconnue - Emission France Culture
https://www.franceculture.fr/conferences/universite-bretagne-loire/...

Philippe Blanchet (1998) Introduction à la complexité de l'enseignement du français langue étrangère   Google Book
T. Bulot, P. Blanchet (2013) Une introduction à la sociolinguistique: pour l'étude des dynamiques de la langue française dans le monde.     Google Book
P. Blanchet, P. Chardenet (2014) Guide pour la recherche en didactique des langues et des cultures: approches.       Google Book
Philippe Blanchet (2016)  Discriminations: combattre la glottophobie, Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique.

Qu’est-ce que la glottophobie ? Entretien avec Philippe Blanchet
http://blog.assimil.com/glottophobie-entretien-philippe-blanchet

Langues, accents: les discriminations oubliées - Interview au sociolinguiste P.Blanchet
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/langues-accents-les-discri...


Y a-t-il une seule façon de "bien parler" le français? -   Emission France Culture
https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/y-t-il-une-s...

LA CONVIVIALITE  - Spectacle Conférence
http://www.laconvivialite.com/

http://www.theatrenational.be/fr/program/717/LA-CONVIVIALITE

Je fais des fautes d’orthographe, est-ce grave docteur?
http://fr.metrotime.be/2016/10/02/must-read/je-fais-des-fautes-dort...

Accents, discriminations et idéologies
https://accents.hypotheses.org/

Médias - Presse

https://accents.hypotheses.org/category/medias-veille

Commentaire de Aisha le 28 mai 2016 à 19:35

Sécurité / insécurité linguistique et la notion de faute
http://www.sociolinguistique.fr/cours-4-4.html

4.2 La notion de faute: et la variation de l’écrit ?

Dans le langage courant (bien marqué par les pratiques scolaires à ce niveau), le terme « faute » appliqué à la langue sert à signaler non pas une distance linguistique, mais un écart (donc un attribut essentiellement négatif) par rapport à une norme elle-même posée, par celle ou celui qui déclare/découvre/dénonce la faute, comme la seule et unique Norme. Le terme ne renvoie pas à autre chose qu’à une « morale linguistique » établissant ainsi ce qui est bien et ce qui est mal. Pour les aspects socio-didactiques, nous renvoyons au module 4 (entre autres) et notamment au point intitulé Normes et représentations : effets de l’hégémonie du français de France. Nous souhaitons maintenant au moins rappeler qu’il convient de préférer le terme erreur pour dépasser l’idéologie linguistique posant ce même écart comme rédhibitoire, dans la mesure où l’idée que la faute linguistique existe est l’une des sources importantes de l’insécurité linguistique.

Le propos essentiel de ce point est de faire considérer que la variation (et donc les normes) concerne également l’écrit (implicitement et jusqu’à présent nos propos pouvaient sembler se cantonner à la seule modalité orale) dans ses diverses réalisations. L’idée la plus communément répandue est que l’écrit (dont l’orthographe occupe toute la significativité sociale) est stable, cela depuis longtemps (au moins l’Age dit classique du français) et que tout changement est un dépérissement, une catastrophe, une faute grave (Klinkenberg, 2000). De plus, envisager les divers usages écrits dans la francophonie renvoie très vite à la conception des bons usages (français de France) opposés aux mauvais usages (français mis en mots comme approximatifs par ceux –là même qui ignorent – en toute bonne foi – la norme en usage des formes en question). Le sujet est certes complexe et particulièrement délicat car il touche, via les discours sur la langue, aux identités ; les réactions sont toujours vives, très vives et sans doute pour partie disproportionnées par rapport au sujet[17] et pourtant, la dernière réforme dite de 1990[18] (qui n’a été que très peu médiatisée en France et moins encore diffusée jusqu’à présent auprès des formateurs et enseignants) devient – il faudra en mesurer les effets et mises en place– la forme de référence dans l’enseignement primaire en France en 2009 (sous le Ministère de Darcos).

Commentaire de Bea Anoux le 25 février 2016 à 18:56
Portada
Alan Davies (2003)   The Native Speaker: Myth and Reality

 
Les six caractéristiques du locuteur natif  (Davies,1991, 2003) :

1. Le locuteur natif acquiert la L1 dont il/elle est locuteur natif pendant son enfance;
2.Le locuteur natif a des intuitions (en termes d'acceptabilité et de productivité ) en ce qui concerne sa grammaire idiolectale;
3.Le locuteur natif a des intuitions sur les caractéristiques de la grammaire du Langage Standard, qui sont distinctes de sa grammaire idiolectale;
4.Le locuteur natif a une capacité unique de produire un discours fluide et spontané qui démontre des pauses, notamment, à la fin d‟une phra se, et qui est facilité par un grand stock de mémoire d‟objets lexicaux complets (Pawley and Syder 1983). Non seulement dans le domaine de la production, mais aussi dans celui de la compréhension, le locuteur démontre la présence d‟une grande gamme de compétences communicatives;
5. Le locuteur natif a une capacité unique d‟écrire de manière créative (et cela inclut, bien sûr, la littérature de tous les niveaux ; de blagues à métaphores, de roman à magazine);
6. Le locuteur natif a une capacité unique d‟interpréter et de traduire dans la L1 dont il/elle est locuteur natif.

      Source:  Caroline M. C. van Dijl (2009) Est-il possible de devenir locuteur natif de deux langues?   Mémoire de Master   http://dare.uva.nl/cgi/arno/show.cgi?fid=182953

   VOIR:  Dervin, F., Badrinathan, V., (2011)  Introduction: Un appel à "libérer " les ensignants de langues  in  L’enseignant non natif: identités et légitimité dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères,
- Les compétences du non-natif  (L2 native speaker):
 seule la première caracteristique du natif ne peut s'appliquer à celui-ci: la langue n'a pas été apprise durant l'enfance. Pour le reste, tout est possible, selon la motivation et les possibilités offertes au locuter de pratiquer la langue à l'écrit et à l'oral ...

 Davies, A. 1991. The Native Speaker in Applied Linguistics. Edinburgh: Edinburgh University Press.

Davies points out the term "native speaker" has at least three meanings: (1) being a speaker of ones own idiolect, (2) being a speaker of an uncodified dialect, or (3) being part of a group adhering to a codified norm in a standard language. He acknowledges that NNSs can become NSs, though it's much more difficult for adults to do so than children. He further notes that it's possible to be a NS of more than one language, though this is rare. Another possibility: that native speakers can some how lose their "nativeness" over time is not considered.

One of the more interesting parts of Davies' book concerns how NSs usually recognize NNSs. NNSs are often recognized in three ways: (1) for using forms which don't exist, (2) for sociolinguistic errors, or (3) when using terms that NSs somehow consider their "property". For instance, many NSs react unfavorably if NNSs use highly idiomatic slang. A paradox is that the more nativelike in accent and grammar NNSs becomes, the more stringent NSs tend to be about sociolinguistic violations. This may explain why some NNSs prefer not to seem too nativelike, as it impinges on their identity.

Davies, A. 1991. “The notion of the native speaker.” Journal of Intercultural Studies 12/2:35-45.
Davies, A. 1995. “Proficiency or the native speaker: what are we trying to achieve in ELT?”, en G. Cook y B. Seidlhofer (eds.) 1995: Principles and Practice in Applied Linguistics. Oxford: Oxford University Press.

- - -

P. Renaud,  Absoute pour un locuteur natif - Université de Paris III  http://www.unice.fr/bcl/ofcaf/12/Renaud.htm

C.Planet (2014) Natifs et non-natifs dans l'enseignement des langues-cultures étrangères: genèse, aspects et perspectives d'un conflit de légitimités
https://rediesonorense.files.wordpress.com/2014/09/6_redies_16_61.pdf

Commentaire de Aisha le 17 novembre 2015 à 11:45

Maria Roussi & Kenza Cherkaoui Messin  (2011)

L’insécurité linguistique entre pratiques enseignantes et compétences langagières : vers une redéfinition du rôle de l’enseignant de langues, in Dervin & Badrinathan (eds), L’enseignant non natif: identités et légitimité dans l’enseignement-apprentissage des langues étrangères

Commentaire de Zoé Brustel le 10 juin 2013 à 17:53

Nadal parle français - Paris 2013
Interview: Rafa Nadal parle français à Roland-Garros 2013,

après sa victoire contre Novac Djokovic.

Sans insécurité linguistique...

Ecoutez http://audioboo.fm/boos/1442821-nadal-parle-francais-paris-2013

Interview Vidéo

Rafa à Paris parle Français et dit merci
http://www.dailymotion.com/video/xdjlql_rafa-a-paris-parle-francais...

Commentaire de Crale le 7 juin 2013 à 20:03

Detey, S. et Racine, I. (2012)  Les apprenants de français face aux normes de prononciation: quelle(s) entrée(s) pour quelle(s) sortie(s) ?

 Revue française de linguistique appliquée,17 (1) : 81-96

http://www.academia.edu/1634379/Les_apprenants_de_francais_face_aux...



2. Quelle(s) norme(s) pour l’enseignement de la prononciation du français langue étrangère : variation, contextualisation et input pédagogique

- arguments en faveur d’une« dénativisation » de l’enseignement sont mis en avant par certains didacticiens (Coste 2004 ; Dervin & Badrinathan 2011)
- revisiter la notion de « norme » dans l’enseignement/apprentissage de laprononciation.
- les descriptions phonético-phonologiques du français parlé (socles de conception des modèles pédagogiques).

2.1. Bref regard rétrospectif : quel modèle de prononciation en français ?
- enregistrements effectués par Ferdinand Brunot, fondateur des Archives de la Parole (Cordereix 2005)
- les « manuels » employés en classe qui, de facto , imposent leur norme comme modèle à suivre, parallèlement au modèleincarné par l’enseignant:
- Borrell et Billières (1989), passant en revue différentes méthodes de FLE:, distinguent: « français parisien cultivé », « français standard » et« français standardisé ».
Ce dernier présente, entre autres, la disparition des oppositions / A postérieur- a/ et / nasales œ- E/ au profit respectivement de /a/ et de /E nasal/, ainsi que la diffusion de la loi de position , conduisant à la disparition de certaines oppositions du type mangerai - mangerais.
- P. et M. Léon (1976, 16-18) qui indiquent 16 voyelles mais insistent sur l’importance de ce qu’ils appellent les 10 « phonèmes essentiels à la compréhension linguistique. Ce sont [i], [y], [u], [õ], et [A nasale], qui n’ont qu’un seul timbre et cinq autres phonèmes qui peuvent se réaliser selon des variantes phonétiques, caractéristiques du français standard »
- dans les référenciels du CECR on trouve une section "matière sonore" (Tableau 1 : Maîtrise du système phonologique selon le CECR)
- synthèse de Morin (2000) sur la question du « français de référence » et des normes de prononciation,
- Laks (2002): une construction purement « doxique » issue de l’accumulation de divers éléments « classiques » et non systématisés (analyses, descriptions, intuitions, remarques…)
- Lauret (2007, 18), privilégie, en termes de modèle de production pour des apprenants étrangers, " l’intelligibilité"

3. La prononciation des apprenants : des usages aux normes ?

3.1. La prononciation des apprenants : correction, incorrection et indécidabilité

Bibliographies

Coste, D. (2004). De quelques déplacements opérés en didactique des langues par lanotion de compétence plurilingue. In Auchlin, A., Burger, M., Filliettaz, L.& al (éds.), Structures et discours. Mélanges offerts à Eddy Roulet, Québec, NotaBene, 67-85.
Cordereix, P. (2005). Les fonds sonores du département de l'Audiovisuel de laBibliothèque nationale de France. Le Temps des médias, 2-5, 253-264.
Dervin, F. & Badrinathan, V. (2011). L'enseignant non natif : identités et légitimité dans l'enseignement-apprentissage des langues étrangères, Fernelmont,Proximités E.M.E
Borrell, A & Billières, M., (1989). L'évolution de la norme phonétique en françaiscontemporain. La Linguistique , 25-2, 45-62
Beacco, J.-C., Bouquet, S. & Porquier, R. (éds.) (2004). Niveau B2 pour le français. Paris, Didier.
Morin, Y.-C. (2000). Le français de référence et les normes de prononciation. Cahiers de l’Institut de linguistique de Louvain, 26-1, 91-135
Laks, B. (2002). Description de l'oral et variation : la phonologie et la norme. L’information grammaticale, 94, 5-10.
Lauret, B. (2007). Enseigner la prononciation du français : questions et outils . Paris,Hachette
Léon, P. & Léon, M. (1976). Introduction à la phonétique corrective . Paris,Hachette/Larousse

Commentaire de Adel le 7 juin 2013 à 14:13

Detey, S., Durand, J., Laks, B. & Lyche, C. (2011), « De l’enseignement des variétés avec corpus à la formation à la variation sur corpus: des outilspour le français parlé ». In Bertrand, O. & Schaffner, I. (éds). Variétés, variations et formes du français. Palaiseau, Ed. Ecole Polytechnique,407-427.

http://www.academia.edu/1177888/De_lenseignement_des_varietes_avec_...

Conclusion
 Si l’on souhaite véritablement intégrer la variation à l’enseignement du français, notamment langue étrangère (Valdman 2000), on doit au préalable en assurer une perception et une compréhension linguistiquement structurées et pédagogiquement raisonnées par les enseignants et les formateurs. Cette intégration doit s’effectuer dans le cadre d’un montage curriculaire combinant normes pédagogiques (Detey 2010) et approches métalinguistiques orientées par les données, données que -dans le cas du français parlé - seuls les corpus oraux sont aujourd’hui à même de fournir (Kawaguchi, Minegishi et Durand 2009). L’usage de corpus dans l’enseignement et la formation,qu’il s’agisse des langues ou de la linguistique, quoique encore peu répandu dans le domaine francophone (Boulton 2008), est une pratique désormais relativement bien circonscrite (O’Keeffe, McCarthy et Carter 2007). Dans le cas des corpus oraux (Chambers 2009 ; Debaisieux 2009), et en dépit d’un héritage historique reconnu (Gougenheim, Michéa, Rivenc et Sauvageot 1964 ; Rivenc 2003 ; Abouda et Baude 2005) , le manque de données accessibles et d’outils adéquats dans le cas du français explique peut-être en partie les carences praxéologiques. Un tel travail met en effet inévitablement en jeu non seulement la compétence sociolinguistique des apprenants et des enseignants, mais également la compétence métalinguistique de ces derniers. C’est donc bien de formation, préalable à tout enseignement, qu’il s’agit. Ceci est particulièrement sensible lorsque l’on aborde les questions et les enjeux liés à la variation inter- et intra-locuteur.
Promouvoir l’exploitation des corpus pour rendre possible et adéquate la gestion de la variation dans l’enseignement du français est aujourd’hui une préoccupation de plus en plus largement partagée par les acteurs du domaine. Nous espérons que les outils que nous avons présentés ici,issus du projet PFC et de son volet pédagogique PFC-EF, permettront de progresser dans cette direction, du travail avec corpus au travail sur corpus.

Valdman, Albert (2000), « Comment gérer la variation dans l'enseignement du français langueétrangère aux Etats-Unis », The French Review 75(4), pp. 648-666.

Detey, Sylvain, Durand, Jacques, Laks, Bernard & Lyche, Chantal (éds) (2010b), Les variétés du français parlé dans l’espace francophone: ressources pour l’enseignement , avec DVD. Col.L’essentiel français, Paris, Ophrys.
Detey, Sylvain, Durand, Jacques, Laks, Bernard & Lyche, Chantal (éds) (en préparation),Varietiesof Spoken French : a source book , with a DVD, Oxford, Oxford University Press.
Detey, Sylvain & Le Gac, David (2010), « Le français de référence: quels locuteurs? », in S. Detey,J. Durand, B. Laks & C. Lyche (éds) (2010b), pp. 167-180

O’Keefe, Anne, McCarthy, Michael & Carter, Ronald (2007), From Corpus to Classroom:language use and language teaching , Cambridge University Press.

Chambers, Angela (2009), « Les corpus oraux en français langue étrangère : authenticité etpédagogie », Mélanges CRAPEL 31, pp. 15-33.

Debaisieux, Jeanne-Marie (2009), « Des documents authentiques oraux aux corpus : un défi pour ladidactique du FLE », Mélanges CRAPEL 31 , pp. 36-56

Rivenc, Paul (éd) (2003), Apprentissage d'une langue étrangère/seconde. Tome 3 : Méthodologie ,Bruxelles, De Boeck-Université

Abouda, Laura & Baude, Olivier (2005), « Du français fondamental aux ESLO », Colloqueinternational Français fondamental, corpus oraux, contenus d'enseignement. 50 ans de travaux et d'enjeux , SIHFLES - Laboratoire ICAR, Lyon, 8-10 décembre 2005.

Commentaire de Adel le 7 juin 2013 à 13:55

Je découvre les réflexions de 

Galazzi, E.(2010) Imaginaire [méta]linguistique et langue objet: le cas du FLE, Écho des études romanes, Vol. VI / Num. 1-2.  http://www.eer.cz/files/05-Galazzi-E9.pdf

- la méthaphore "centre et péripherie" des systèmes linguistiques

- l'autorité des locuteurs natifs

- La synchronie dynamique dans la phonologie du français

- La simplification des oppositions phonologiques dans la pratique de l'enseignement (FLE)

Si une suspicion de non légitimité continue d’entourer les pratiques des locuteurs non-natifs, l’autorité du natif, garant de l’authenticité / fiabilité / représentativité des données linguistiques, est de plus en plus remise en question.

Peut-on continuer à enseigner au nom de la norme, comme si de rien n’était, à faire de l’écrit-oralisé, à parler comme un livre ?

3.2 La synchronie dynamique dans la phonologie du français

Dans la pratique de l’enseignement la découverte de la synchronie dynamique est une véritable découverte et un grand soulagement pour mes apprenants qui luttent pour arriver à (re)produire un système vocalique aussi riche, beaucoup plus que celui de leur langue maternelle. Les deux a, les quatre nasales, le e caduc qui peut être présent ou s’effacer sans nuire à la communication, les voyelles à double timbre, le mythique R français paraissent parfois des obstacles insurmontables.

Or, la dynamique des oppositions révèle la marginalisation de a postérieur et de la voyelle nasale antérieure labialisée, l’existence incertaine des oppositions vocaliques d’aperture moyenne, les bizarreries les plus récentes du e muet qui paraît vouloir vivre sa vie sans trop se soumettre à la glorieuse « règle des trois consonnes ».

Une convergence vers la simplification informelle paraît investir l’oralité avec la complicité des nouvelles technologies de la communication et sous l’influence de pratiques linguistiques diverses (Internet, sms) qui brouillent les frontières entre l’oral et l’écrit.

Comment gérer toute la richesse de la parole ? Où sont passés centre et périphérie ? On en arrive presque à regretter le beau système phonologique statique d’antan, qui, par contraste, paraît infiniment plus simple.

L’enseignement apparaît de plus en plus comme un métier impossible…

Commentaire de Zoé Brustel le 6 juin 2013 à 20:43

Le cours Dynamiques de la langue française au 21ième siècle : une introduction à la sociolinguistique est structuré en cinq modules tout à la fois distincts et progressifs ; autour de la langue française (en fait, les langues françaises) les deux premiers présentent la sociolinguistique, le troisième rend compte des problématisations centrales et fondatrices de la discipline (il constitue en quelque sorte une transition) et les deux derniers renvoient à des quasi-études de cas autour de deux champs de réflexion majeure : la politique linguistique et l’urbanité langagière.

 


    Module 1 : L’approche de la diversité linguistique en sociolinguistique par Thierry BULOT

 

    Module 2 : Objet, Terrains et Méthodes de la Sociolinguistique par Thierry BULOT

 

    Module 3 : Variations et normes d’une langue par Thierry BULOT

 

    Module 4 : Politique linguistique et diffusion du français dans le monde par Philippe BLANCHET

 

    Module 5 : Le français, les langues et les villes par Thierry BULOT

 

Référence pour citer ce cours :
BULOT, T., BLANCHET, P., 2011, Dynamiques de la langue française au 21ième siècle : une introduction à la sociolinguistique, www.sociolinguistique.fr,

4.1 (In)sécurité linguistique

Les recherches sur la notion de sécurité/insécurité linguistique ont connu trois grandes périodes fondatrices : des spécialistes en psychosociologie ont été les premiers à étudier la notion de conscience linguistique, dans le cadre du bilinguisme franco-anglais du Canada dans les années 1960. Des psychologues et des linguistes canadiens faisaient passer des enquêtes d’attitudes, plus psychologiques que linguistiques (Wallace Lambert et la technique du matched guise [« locuteur masqué »][14]). Il faut noter que ces recherches attestent de l’insécurité linguistique sans employer pour autant le terme. La seconde vague d’enquêtes a été marquée par les travaux de William Labov et de ses successeurs en Amérique du Nord et en Europe (le corrélationnisme). Le concept même est apparu pour la première fois dans les travaux de William Labov, portant sur la stratification sociale des variables linguistiques. Nicole Gueunier et al. (1978) ont été les premiers à appliquer au monde
francophone les travaux de William Labov portant sur ce concept. Enfin, un troisième courant de recherche, principalement localisé en Belgique (Lafontaine, 1986 ; Francard et al., 1993 ; …), a commencé à explorer les terrains des milieux enseignants, étudiants et scolaires. D’autres recherches ont ensuite vu le jour sur des terrains autres (par exemple Aude Bretegnier et Gudrun Ledegen (2002) sur le créole réunionnais, Louis-Jean Calvet (1996) sur la francophonie américaine), et des positionnements critiques intéressants voire modélisants (Calvet, 1996) – nous y reviendrons – mais le concept fait florès sans pour autant y être central dans les analyses sociolinguistiques de minorations sociales comme celle concernant les migrants (Leconte, 1997 : 210), une langue régionale de France  (Bulot, 2006 : 85), les contacts de variétés en situation urbaine (Bulot et Tsekos 1999 : 26), voire les usages actuels du français au Québec (Maurais, 2008) … Il faut noter la somme
d’études dirigée par Pascal Singy (1998) questionnant le concept eu égard à la variation diagénique et particulièrement sur les corrélations entre identité linguistique et identité sexuée/sexuelle ; il faut, entre autres, y remarquer les approches de Marie-Louise Moreau et Cécile Bauvois confrontant le concept avec celui de l’accommodation (Moreau et Bauvois, 1998) et de Dalila Morsly (Morsly, 1998) sur le terrain d’une minoration sociale spécifique, celle des femmes algériennes.
Notons enfin que pour ce qui est du domaine francophone, beaucoup d’enquêtes portant sur la sécurité/insécurité linguistique s’appuient sur des recherches menées à l’intérieur d’un pays où coexistent différentes langues et/ou variétés (la Suisse (Singy, 1997) ; la Belgique francophone (Francard, 1989, 1990, 1993a et 1993b)[15]. Les études sont plus rarement menées entre plusieurs pays (Belgique et Afrique (Moreau 1996), France et Belgique (Ledegen, 2001), ou entre
plusieurs régions françaises (trois villes de la France métropolitaine (Tours, Limoges, Lille)) et Saint Denis de la Réunion (Gueunier et al., 1978)).

La définition de l’insécurité linguistique donnée par Michel Francard (1993) est particulièrement pertinente dans la mesure où elle synthétise les différentes étapes (les trois points de notre liste) suivies dans la construction de cet objet d’étude : « l’insécurité linguistique [est] la prise de conscience, par les locuteurs, d’une distance entre leur idiolecte (ou leur sociolecte) et une langue qu’ils reconnaissent comme légitime parce qu’elle est celle de la classe dominante, ou celle d’autres
communautés où l’on parle un français « pur », non abâtardi par les interférences avec un autre idiome, ou encore celle de locuteurs fictifs détenteurs de LA norme véhiculée par l’institution scolaire. » (Francard et al., 1993 : 13)
La première partie de la définition présente la vision que William Labov (1976) et Pierre Bourdieu (1982) partagent sur ce sentiment d’insécurité linguistique. La notion apparaît en effet pour la première fois en 1966, dans les travaux de William Labov sur la stratification sociale des variables linguistiques (phonologiques en l’occurrence). Cette attitude traduit pour lui, ainsi que chez Bourdieu, les tensions qui existent entre les classes sociales. Notons que chez Labov, il n’y a pas une
réelle théorisation de l’insécurité linguistique mais une démarche visant à :

   -  repérer les symptômes de l’insécurité linguistique, davantage visibles chez la petite bourgeoisie que dans les autres classes sociales, parce qu’elle a fortement conscience de la norme et qu’elle auto-dévalorise son propre parler ;
    - mesurer l’insécurité linguistique au moyen d’un test qui donne l’indice d’insécurité linguistique, qui est calculé en fonction de l’écart entre la perception que les locuteurs se font de leur usage d’une langue et leur « image » de cette langue perçue comme idéale (Labov, 1976 : 183-200).

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