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Attention, cet ouvrage n’est pas un pamphlet contre Internet. Ce n’est pas un réquisitoire contre la Toile. Notre but est simple : passer au crible la façon dont nous utilisons le Web. Réveillez votre esprit critique ! Avez-vous déjà réfléchi aux questions suivantes : Lorsque vous consultez un moteur de recherche, savez-vous comment se " calculent " les résultats ? Lorsque vous téléchargez illégalement une oeuvre protégée par le droit d’auteur, savez-vous qu’il s’agit d’un vol ? Peut-on faire confiance à Wikipedia ? Nos enfants collégiens ou lycéens recourent-ils massivement au copier-coller ? Est-ce ainsi que nous leur apprendrons à penser par eux-mêmes ? Avez-vous vraiment envie d’une société où tout le monde peut s’exprimer tout le temps sur tous les sujets ? À vous de réfléchir...

Dominique MANIEZ (2008) Les dix plaies d'Internet, Dunod


Pour lire des extraits en ligne: Lancement de l'e-xtrait
http://dunod.ebrochure.fr/10-plaies-internet/netbook_dunod.php

Table des matières
http://www.dunod.com/pres_detail/9782100515868/51586_TDM.pdf

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . IX

Chapitre 1 – La googelisation des esprits. . . . . . . . . . . . . 1

Une histoire à succès, mais… . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Opacité du PageRank . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Le fantasme de la totalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Messieurs les censeurs ! . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Google Book Search . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
L’irrespect du droit d’auteur . . . . . . . . . . . . . . . 14
Le modèle économique de Google. . . . . . . . . . . . . . . . 16
Les clics frauduleux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
La concurrence déloyale de Adwords . . . . . . . . . . . 19
Google et les données personnelles . . . . . . . . . . . . . . . 19
Les alternatives à Google . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Entrer en résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

Chapitre 2 – La logique du peer . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

Déni de justesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Rappel technique sur le P2P . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Notions élémentaires sur le droit d’auteur . . . . . . . . . . . 32
Droit d’auteur, copie privée et P2P. . . . . . . . . . . . . . . 34
Les palinodies juridiques de la loi DADVSI . . . . . . . . . . 37
Le droit d’auteur remis en cause . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Du respect du droit moral. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
La position ambiguë des FAI . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Les résultats de la mission Olivennes. . . . . . . . . . . . . . 48
À la recherche d’un équilibre délicat. . . . . . . . . . . . . . 50

Chapitre 3 – Information ou manipulation ? . . . . . . . . . . . 53
Vitesse et précipitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Que d’hoax, que d’hoax ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Les pseudo-virus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Les fausses opérations humanitaires . . . . . . . . . . . 59
La prévention des catastrophes surnaturelles. . . . . . . . 59
La variante lyonnaise de Penny Brown . . . . . . . . . . 60
Le marketing viral. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Vers un nouveau modèle de la validation de l’information ? . 64
Wikipédia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Un projet encyclopédique mouvant . . . . . . . . . . . . 67
Une encyclopédie sans auteurs . . . . . . . . . . . . . . 70
Une bande d’irresponsables . . . . . . . . . . . . . . . 71
Un combat acharné entre partisans et détracteurs . . . . . 71
Réapprendre à douter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74

Chapitre 4 – Le mythe du Web 2.0 . . . . . . . . . . . . . . . 75

En quête d’une définition du Web 2.0 . . . . . . . . . . . . . 75
Origine du terme Web 2.0 . . . . . . . . . . . . . . . 76
À la recherche des foules intelligentes . . . . . . . . . . . . . 79
Le culte de l’amateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
Les réseaux sociaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Vive le Web 3.0 ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88

Chapitre 5 – La fracture numérique générationnelle . . . . . . . 91

Le mythe du geek adolescent . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
Les usages d’Internet chez les ados . . . . . . . . . . . . . . . 93
Le rôle des parents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Vous avez dit culture numérique ? . . . . . . . . . . . . . . . . 95
Surveiller et punir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
Risques juridiques de la pratique informatique des ados . . . . 101
La fracture numérique générationnelle révélatrice
du malaise familial ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103

Chapitre 6 – J’écris, donc je suis ! . . . . . . . . . . . . . . . . 105

Écrire pour exister sur le Net . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
Commentez, commentez, il en restera toujours
quelque chose ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
Blogs à part . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
Tous journalistes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Lecteurs de nous-mêmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117

Chapitre 7 – Le copier-coller, nouvelle discipline universitaire. . 119

Le concept de plagiat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
Le droit de citation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Plagiat et droit d’auteur . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Le plagiat chez les lycéens et les étudiants . . . . . . . . . . . 124
Les fausses bonnes solutions des profs . . . . . . . . . . . . . . 128
Remèdes contre ce fléau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130

Chapitre 8 – L’illusion pédagogique des « TICE » . . . . . . . . 133

Le baladeur des gens heureux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
De l’art de bien présenter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
Les TICE, instruments de la contre-révolution . . . . . . . . . 140
Inhumain, trop inhumain. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141

Chapitre 9 – Larvatus prodeo (j’avance masqué) . . . . . . . . . 143
Troubles d’identité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
L’anonymat de l’auteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
Un peu de modération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
L’arme absolue contre le spam . . . . . . . . . . . . . . . . . 150

Chapitre 10 – Privés de vie privée . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Un problème vieux comme l’informatique . . . . . . . . . . . 158
La loi Informatique et libertés . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
Le problème du spam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
L’insécurité sociale des réseaux . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
Pour une prise de conscience collective . . . . . . . . . . . . 170

Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173

Bibliographie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177

Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179

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Commentaire de Sylvie le 5 octobre 2009 à 13:56
Comment Google contribue au rétrécissement du savoir
par Thierry Klein


Thierry Klein est président de Speechi, société de logiciels d’enseignement en ligne.

Soi disant, Internet représenterait une chance pour le savoir humain. Google référence aujourd’hui plusieurs trillions de pages. Son objectif est de numériser tous les livres au prétexte pompeux que « le plan de numérisation permettra de rendre à nouveau accessibles des ouvrages épuisés et introuvables ».

Mais, comme personne n’a la possibilité physique de lire toutes ces pages, tout ceci ne constitue que le savoir disponible potentiel. La quantité réelle de savoir disponible ne peut être quantifiée que de façon statistique. Le Web est intéressant si le temps moyen passé par un internaute sur des pages contenant du savoir est important. Le savoir disponible, c’est la quantité moyenne de savoir à laquelle un internaute accède réellement - et non pas potentiellement - au cours d’une session, d’une journée, d’une vie, multipliée par le nombre d’internautes. Or cette quantité de savoir réellement disponible, qui n’a d’ailleurs jamais été très élevée sur le Web, diminue structurellement de jour en jour, Google étant l’acteur majeur, bien que probablement involontaire, de ce rétrécissement.

Google crée du trafic, si possible sponsorisé, pas du savoir ;ses algorithmes ont pour objectif final de maximiser le revenu obtenu en cliquant sur les liens sponsorisés. Pour ceci, Google se doit d’être pertinent dans ses résultats (sinon vous utiliserez un autre moteur) et dans ses propositions publicitaires (sinon le revenu de Google diminue). Pour Google, la qualité des résultats est donc un moyen, non une fin. Ceci signifie d’ailleurs qu’un jour vont apparaître, chez Google ou ailleurs, des techniques donnant des résultats moins pertinents mais plus rémunérateurs, à travers une probabilité accrue de clic sur un lien sponsorisé.

Google vous incite, en moyenne, à aller vers les pages les plus intéressantes pour les annonceurs, qui sont sa source de revenu. Le mécanisme avec lequel il y parvient est presque invisible, mais toujours amélioré car Google, disposant d’un réservoir permanent et infini de statistiques, est capable presque instantanément de déterminer si tel ou tel changement d’algorithme conduit à plus ou moins de revenu. La conséquence en est que vous passez toujours de plus en plus de temps sur des pages générant du revenu pour Google.

Le moteur de recherche Google s’adresse avant tout au consommateur qui est en vous, pas à l’homme ou à la femme de savoir. Votre soif de savoir, si tant est qu’un tel terme ait un sens, c’est l’alibi qu’il vous sert, le leurre avec lequel il vous attire. Laissez passer quelques années et vous vous retrouverez tous à lire des blagues idiotes, échanger des messages insignifiants sur Facebook, acheter en ligne ou à taper le mot le plus recherché sur Internet, c’est-à-dire « sexe » : vous ferez comme tout le monde. Google ne vous rend probablement pas idiot, comme certains articles récents, fort intéressants par ailleurs, l’ont prétendu, il vous rend consommateur - et la consommation n’est absolument pas corrélée avec le savoir.

Sur le plan comportemental, la distinction entre savoir théoriquement disponible et savoir réellement disponible est immense. Prenez un étudiant ou un chercheur. En théorie, il lui suffit d’avoir accès à Internet pour avoir accès à toute la bibliographie dans son domaine. En réalité, s’il va sur Internet, il rentre dans une entreprise de distraction, au sens premier du terme, qui est celui de détournement. Au bout de quelques minutes, il a toutes les chances de se retrouver à faire autre chose que de la recherche (lire la Bourse, les résultats sportifs, tchater sur MSN…). Cette distraction permanente est à comparer à son comportement en bibliothèque, isolé, sans rien pouvoir faire d’autre, dans une cellule avec ses quelques livres - l’avantage de la bibliothèque physique sur Google : l’absence de distraction.

Que le savoir disponible réel sur Internet soit très faible pour des raisons qui tiennent au comportement, aucun doute là-dessus. Même les plus optimistes sont conscients qu’Internet est avant tout une source de distraction et de temps perdu - et toutes les entreprises qui ont étudié le comportement sur Internet de leurs employés le savent. Mais en outre, ce savoir disponible diminue non seulement au sens comportemental mais au sens quantitatif du terme. Voici pourquoi.

Une page qui contient de la publicité sur Internet est « probablement » peu intéressante - l’éditeur du site de ces pages n’a pas pour objectif d’augmenter votre connaissance, mais de vous faire cliquer sur un lien sponsorisé. Une page sans publicité a plus de chance d’être intéressante, au sens du savoir. Au moins, l’auteur a-t-il publié une information de façon désintéressée. La quantité de savoir disponible est corrélée au pourcentage du nombre de pages web qui ne sont pas financées par la publicité. Or Google, comme toutes les entreprises qui constituent ce qu’on appelle « le Web 2.0 » (Facebook, YouTube, Daily Motion…), oriente vos recherches pour que ce pourcentage diminue. Ces entreprises ont une stratégie en deux temps. D’abord, elles tentent de générer un maximum de trafic ; ensuite, elles essaient de rentabiliser ce trafic en introduisant des liens sponsorisés - ou toute autre forme de publicité - dans les pages du site. Essayez d’évaluer le pourcentage de pages sans publicité lorsque vous allez sur le Web. Ce pourcentage est réellement très, très faible.

Dans son dernier ouvrage, Une rencontre, Milan Kundera évoque la fin de l’illusion cinématographique. Né il y a cent ans, le cinéma qui promettait d’être le nouveau moyen d’expression culturel (sans même parler du cinéma en tant que nouvelle forme artistique) a aujourd’hui presque totalement disparu. Il est devenu un des principaux vecteurs de l’abêtissement général. Internet : le début d’une nouvelle illusion.

Paru dans Libération du 30 septembre 2009
http://www.ecrans.fr/Comment-Google-contribue-au,8269.html?xtor=EPR-450206

LIRE LES RÉACTIONS à cet article
http://www.ecrans.fr/forums/viewtopic.php?id=6596
Commentaire de Bea Anoux le 11 août 2009 à 11:47
« Pourquoi utilisons-nous Google si facilement sans nous poser de questions ? »

Votre avis :

Provocateur

Et OUI !!

Décérébralisés

c'ets pas l'outil, c'est la manière

toujours les mêmes objections !

Il pose les bonnes questions

Internautes mais que dites vous ?

La critique est toujours utile...

Source:
http://www.01net.com/editorial/378908/-pourquoi-utilisons-nous-google-si-facilement-sans-nous-poser-de-questions-.-/
Commentaire de Bea Anoux le 3 novembre 2008 à 9:38


Dominique Maniez : “L'abus du web nuit à l'esprit critique” (14/04/2008 )
http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=5264

Video - Les 10 plaies d'Internet de Dominique Maniez
http://es.youtube.com/watch?v=gd9mL6EIy74
Commentaire de Bea Anoux le 3 novembre 2008 à 9:37
Le « culte de l'amateur » sur la sellette
Forcément un peu provocateur, Les dix plaies de l'Internet s'attaque aux diverses facettes de l'Internet tel qu'il est aujourd'hui, notamment à son versant communautaire, à sa religion de l'internaute producteur de contenus et à son « culte de l'amateur ». Dominique Maniez ne rejette aucune de ces fonctions, seulement les usages qui conduisent à nombre de dérives : violation de droits d'auteurs, rumeurs et hoax (canulars), informations non vérifiées, plagiats, etc. Et ce, sans que les internautes ne s'interrogent le moins du monde. L'ouvrage n'est pas juste une posture théorique. Il se nourrit d'exemples concrets, de cas pratiques, de tests parfois. Comme cette démonstration avec le verbe « conclure », où il apparaît que Google permet de propager de grossières fautes de conjugaison. L'auteur fait part aussi de son expérience, lui qui, en tant qu'enseignant, constate tout les jours comment ses étudiants s'approprient le Web d'aujourd'hui.

Source:
http://www.01net.com/editorial/378908/-pourquoi-utilisons-nous-goog...

« Pourquoi utilisons-nous Google si facilement sans nous poser de questions ? »
Traducteur de livres sur l'informatique et enseignant, Dominique Maniez prend à rebrousse-poil les tendances du Web dans son livre « Les dix plaies d'Internet ». Quel est le point commun entre Google, la blogosphère, Wikipédia, le « journalisme citoyen » à la Agoravox, Facebook ou encore le peer to peer ? Celui d'être de véritables « plaies » de l'Internet. C'est l'avis de Dominique Maniez, ancien journaliste informatique, traducteur et enseignant à l'Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques de Villeurbanne, dans son récent livre Les dix plaies d'Internet : les dangers d'un outil fabuleux, sorti le mois dernier chez Dunod. Un ouvrage (Voir encadré à la fin de l'entretien) qui nous a donné envie d'interroger son auteur. Qui réfute avoir écrit un réquisitoire contre la Toile et parle plutôt de réveiller l'esprit critique de chacun. 01net. : Dans votre livre, vous épinglez Wikipédia, le Web 2.0, les blogs, la mode du tout-communautaire... Mais vous commencez en vous en prenant à Google et à ses usages. C'est ce qui a déclenché l'écriture du livre ?

Dominique Maniez : J'ai traduit en français le livre Google Story, de David A. Vise, un journaliste du Washington Post, et qui retrace la saga technologico-financière de la société. J'ai trouvé que le côté sombre de Google n'était pas du tout exploré. J'ai fait des recherches et me suis demandé : pourquoi utilisons-nous Google si facilement sans nous poser de questions ? Il y a des bibliothèques dont les ordinateurs ont comme écran d'accueil la page de Google, des gens qui tapent les adresses des sites dans le champ de saisie de Google, et pas dans la barre d'adresses... Pourquoi, selon vous ?

Il faut être honnête : Google paraît pratique, c'est rapide, c'est gratuit... Je ne dis pas que c'est un mauvais moteur de recherche, mais que l'on en a une confiance déraisonnable et, surtout, irréfléchie. C'est un peu ce que vous reprochez à Wikipédia, non ?

Le fil conducteur de toutes ces « plaies », c'est un rapport avec le savoir, la connaissance et avec le rôle d'Internet dans la transmission de ce savoir. Tout le monde ne peut qu'être d'accord avec le fait de partager la connaissance. Je doute simplement de l'efficacité du phénomène dont le problème principal est l'anonymat. Il faut des filtres. Le fait que tout le monde puisse s'exprimer, c'est bien, mais c'est une arme à double tranchant. Que les procès se multiplient contre les sites d'hébergement de contenus était alors inévitable ?

L'une des dernières affaires, celle initiée par l'acteur Olivier Martinez [contre Fuzz, NDLR], s'est soldée par la condamnation du responsable du site. C'est un renversement radical de la Loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), qui dit que l'hébergeur n'est pas responsable de ce qui est posté en ligne. Si ce jugement était confirmé, il y aurait une judiciarisation de l'Internet, ce serait grave. En même temps, la nature propre de ce que l'on appelle le Web 2.0 encourage cette tendance. Etes-vous favorable à une LCEN 2 que les pouvoirs publics sont en train de préparer ?

Je suis pour responsabiliser les gens, pas pour plaider pour une nouvelle loi liberticide. Personnellement, par exemple, je suis pour bannir l'anonymat sur Internet. L'Internet actuel semble faire aussi des ravages dans les pratiques étudiantes, avec la généralisation de copier-coller tirés de Wikipédia-Google...

Quand j'étais étudiant, et qu'Internet n'existait pas, le copier-coller existait déjà. On recopiait des livres. Mais maintenant, on industrialise le processus. Il suffit de taper un mot-clé sur Google qui vous renvoie sur Wikipédia. C'est un constat que vous faites personnellement, en tant qu'enseignant ?

Oui, bien sûr, mes collègues aussi. On entend souvent dire qu'à cause d'Internet les jeunes ne lisent plus et n'écrivent plus. Vous-même épinglez les blogs, les sites contributifs, etc. Or que fait-on avec tout cela si ce n'est écrire et lire ?

Au début de l'informatique, c'est vrai, il n'y avait que du texte. Mais vingt-cinq ans après, on en est à la vidéo sur YouTube. Et avec quelle qualité ! Quant aux blogs, quand on voit ce qui s'y écrit, ce n'est pas terrible. Récemment, j'ai constitué un corpus de commentaires d'internautes sur un article du Monde.fr à propos du mariage du président de la République. Au total, 300 commentaires. La plupart n'apportaient rien, n'avaient pas d'argumentation, sur une nouvelle qui n'a aucune importance. Alors oui, les gens écrivent, mais pour dire quoi ? Vous attendez la fin de votre livre pour évoquer les dangers pour la vie privée et le rôle de la Cnil. N'est-ce pas plutôt ça, la plus grande plaie de l'Internet ?

J'ai en quelque sorte voulu garder le meilleur pour la fin. J'ai été journaliste à la fin des années 1980 et je peux vous dire que la Cnil, dans les revues informatiques, on n'en parlait pas. Tout le monde s'en fichait. Or, l'existence de la Cnil atteste du fait que la technologie n'est pas neutre. Mais aujourd'hui, il ne s'agit plus de savoir si on est dans une société à la Big Brother : on y est. Le problème est de savoir comment vivre avec. Pourquoi les gens s'y sont habitués ?

Parce qu'ils préfèrent donner leurs informations personnelles contre de la gratuité. Contre le mythe de la gratuité, plutôt. En réalité, vous échangez vos informations personnelles contre des services. C'est le prix à payer. De plus, on se dit que l'on est déjà tous fichés, alors un peu plus un peu moins... Or, l'information donne du pouvoir. Les gens ne perçoivent pas cette portée politique. Si la rafle du Vel d'Hiv' a pu avoir lieu, c'est qu'il y avait des fichiers. Certes pas informatiques, mais des fichiers quand même.

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